Sections parallèles

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Cinéma de genre: Plus féroces que les mâles

Légitimes défenses
Dans un monde régi par les lois des hommes, elles semblaient condamnées à n’être que des ombres sans voix. Mais les héroïnes de Cinéma de genre: Plus féroces que les mâles en ont décidé autrement. Femmes fières, fortes, courageuses, éprises d’amour, de justice, de liberté, elles sont aventurières, boxeuses, mères exemplaires, rêveuses, artistes ou enseignantes. Leur but: vivre en marchant la tête haute et faire tomber les barrières érigées par tous ceux qui cherchent à les écraser. De l’Iran à l’Inde, de la Corée du Sud aux Pays-Bas, le FIFF leur offre ses écrans et montre la diversité de leurs combats et de leurs féminismes, à travers des genres aussi différents que le film d’action, le mélodrame, le biopic, le documentaire ou la comédie. Autant de preuves que la cause est loin d’être gagnée.

Hommage à ...: Ida Lupino, par Pierre Rissient

«Mère» de toutes
Certaines sections génèrent autant de fierté que de fébrilité, et cet Hommage est de celles-là. D’abord parce qu’elle a été suggérée par Pierre Rissient, l’homme qui alimente depuis longtemps votre cinéphilie sans que vous en ayez conscience: influent, confident des plus grands, de Fritz Lang à Eastwood, et révélateur infatigable de talents, tel celui de Jane Campion.
Ida Lupino, donc, star hollywoodienne qui brisa ses chaînes un trop court moment, de 1949 à 1953, pour monter ses propres films. On dit que son équipe l’appelait Mother. Une mère écorchée vive. Un talent inné dont les films sont devenus si rares que la plupart des réalisatrices ont oublié son nom et les sacrifices qu’elle a consentis pour leur liberté. Parmi les flammes de nos 30 bougies, celle d’Ida Lupino brille donc tout particulièrement.

Décryptage: Et la femme créa le cinema

Les éclats d’une diversité
Pour célébrer celles qui, partout, se battent pour gagner leur place dans le cinéma, nous avons posé deux questions à une trentaine de réalisatrices:

  1. Quel est le plus beau film réalisé par l’une de vos collègues?
  2. Quel est votre personnage féminin préféré dans l’histoire du cinéma?


Avec 70 titres cités, la diversité est immense. Bien des titres seraient à découvrir, preuve que tout reste à faire en la matière.

Nouveau territoire: Être réalisatrice en Afrique

Parité!

Etre réalisatrice en Afrique signifie deux choses.
Un: réaliser dans des pays où l'Art est peu financé, peu structuré, peu rentable et donc généralement dépendant des financements de l'Occident.
Deux: être femme dans des sociétés majoritairement patriarcales, un milieu professionnel dominé par les hommes et une ambiance souvent misogyne.
Car une femme qui réussit n'est pas à sa place, elle dérange. Elle est forcément la «fille de», la «femme de», voire la «petite de»... 
Par une rétrospective de films réalisés du Nord au Sud de l'Afrique, des années 1970 aux années 2010, en arabe, en français, en anglais, en portugais ou en langues locales, le Festival International de Films de Fribourg met en lumière le travail de réalisatrices africaines à découvrir absolument. Et à encourager.

Diaspora: Mira Nair et l’Inde

Salaam India!
Diaspora n’est pas une carte blanche classique: les invité-es, des exilé-e-s, sont appelés à choisir cinq films qui racontent leur identité. Il faut beaucoup de confiance pour se livrer à travers un filtre si intime. Célèbre depuis Salaam Bombay!, l’Indienne Mira Nair, qui vit à New York, nous a répondu avec enthousiasme, surtout dans le cadre d’une 30e édition dédiée au courage des femmes. Elle vous offre trois chefs-d’œuvre signés Ritwik Ghatak, Guru Dutt et Satyajit Ray.
En outre, après Atom Egoyan (2013) et Tony Gatlif (2015), Mira Nair a, elle aussi, sélectionné deux de ses propres films. Comment pourrait-il en être autrement? Même lorsqu’ils parlent d’autre chose que d’eux-mêmes, les cinéastes, comme tous les artistes, livrent une part intime qui n’apparaît que dans leurs propres œuvres.

Sur la carte de Geraldine Chaplin

Croire au coup de foudre
FIFF 2015. En milieu de festival, nous croyons rêver: Geraldine Chaplin nous fait savoir qu’elle vient, le lendemain, soutenir Sand Dollars, le drame dominicain où elle excelle.
Toute l’équipe est sur son 31 pour accueillir la fille de qui vous savez, devenue citoyenne de tous les cinémas du monde, de Saura à Altman. 11 heures du matin: Geraldine arrive, avec son mari, le cinéaste Patricio Castilla. C’est un coup de foudre. Pas seulement parce que Geraldine porte un pull L’Etrange Noël de Monsieur Jack qui jure avec nos cravates: surtout parce que Geraldine et Pato incarnent une humanité sans chichis que le FIFF préfèrera toujours aux flonflons.
Geraldine a écrit dans notre Livre d’or: «Enfin au FIFF!!! Ça faisait longtemps que j’en avais envie… Invitez-moi plein de fois encore, svp!» Chiche?